Je suis né à Brest, Brest la blanche, la grande cité du Ponant.

Début des années 80, incertain semble le chemin que je redoute. La vie me mène loin de mes premières amours, il est des douleurs qui s'installent à l'intérieur. Puisqu'il faut partir, puisqu'il faut grandir.

Et cette décennie se révéla incroyablement belle, intense, grisante, passionnante. Je m'y suis parfois égaré, sentiment désenchanté, je n'étais pas taillé pour toutes les circonstances. C'était dans la lointaine Picardie, dans les nuits et les jours d'Oise. Je n'oublie aucune rencontre. Je n'oublie aucun visage et ce soir, dans la douceur des heures qui s'étirent, je les contemple à nouveau.

Une époque sans télé, sans portable, Internet était à inventer... Dans mon appartement, tout là-haut, au milieu des tours, RFM Paris susurrait les grandes voix de l'époque : Bruce Springsteen, Dire Straits, Cyndi Lauper, Scorpions, Talk Talk, Tears For Fears, Phil Collins, Police... Des voix françaises aussi : Goldman, Daho, Indochine, Téléphone... Aujourd'hui, elles résonnent empreintes d'une violente nostalgie... Elles font ressurgir de formidables émotions, des douceurs incomparables, des vies associées.

Un matin de septembre, pourtant, à l'aube d'une nouvelle décennie, j'ai continué ma route, vers le Grand Est. Passés laissés, souvenirs intacts, vies toujours présentes. Pardon pour ces abandons. Soyez infiniment remerciés, vous, qui au pied de la grande cathédrale de Beauvais, m'avez aidé à construire mon chemin. Vous vivez dans mes songes, dans mes pensées.

Dans les ombres des confins bretons retrouvés, vous me manquez.